L'insoumis

2017

France

1h35

de Gilles Perret.

 


Avec ses hauts, ses bas, sa tendresse, son humour et sa virulence, Jean-Luc Mélenchon est un vrai personnage de film. Qu'il soit haï ou adulé, il ne laisse personne indifférent. Sa campagne présidentielle de 2017 n'a ressemblé à aucune autre dans le paysage politique contemporain. C'est durant ces moments intenses de sa vie, et de celle de la France, que Gilles Perret réalisateur de La Sociale et des Jours heureux , l'a accompagné au plus près. Une période propice à la découverte des côtés moins connus d'un homme indissociable de sa pensée politique. « Mélenchon, c'est un personnage ! Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, il ne laisse pas indifférent. On ne ferait pas le même film avec François Hollande, Emmanuel Macron ou Pierre Laurent. C'est toujours dans l'émotion, dans le rire et dans les pleurs, dans la bataille. Voilà pourquoi j'ai eu envie de le faire pour le cinéma. » Gilles Perret


La petite histoire

 A l'origine de cette volonté qu'a eue Gilles Perret de suivre Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle pendant trois mois, se situe une rencontre marquante. Le réalisateur ne connaissait pas personnellement cet homme politique avant qu'il ne fasse son interview pour les besoins du film Les Jours heureux et qu’il vienne voir La Sociale. Il se rappelle :  "J’ai tout de suite été frappé par sa personnalité et le ton très direct qu’il a donné à nos discussions. C’est un affectif. Dès les premiers échanges, on sent qu’on a affaire à quelqu’un qu’on peut aimer ou détester, mais qui ne laisse surtout pas indifférent. Et, en ce sens, c’est un vrai personnage de cinéma. Par ailleurs, j’ai toujours été un passionné de politique et avoir la possibilité de me glisser à l’intérieur d’une campagne électorale, c’était un rêve qui trouvait là l’occasion de se réaliser."

Pour tenter de convaincre Jean-Luc Mélenchon d'être filmé à tout instant au moment de la campagne, Gilles Perret a donné rendez-vous à l'homme politique un matin dans un bistrot proche de chez lui. Le cinéaste lui a alors fait part de sa vision du tournage : être partout avec lui, ne pas rester à la porte comme les journalistes qui s’apprêtaient à le suivre. Gilles Perret raconte : 
"J’ai précisé que je travaillerais seul, au plus proche, pour être vraiment dans l’intimité de sa campagne. Pas facile pour lui d’accepter de se faire filmer de cette façon à un moment où tout est exacerbé et où les enjeux sont énormes. Il fallait une confiance réciproque et un respect mutuel. Il a commencé par me lister tout ce qui allait mal se passer : les complications qui naîtraient, sa difficulté présumée à me consacrer du temps, son caractère, etc. Devant mon indifférence face à ces faux problèmes, il a fini par me dire : « Puisque c’est toi, d’accord ! » — mes films et mon point de vue assumé semblaient lui convenir."