Gaspard va au mariage

2017

France

1h43

de Antony Cordier.

avec Félix Moati (Gaspard), Laetitia Dosch (Laura), Christa Théret (Coline), Marina Foïs (Peggy), Johan Heldenbergh (Max), Guillaume Gouix (Virgil), Élodie BouchezNoémie Alazard-Vachet (Emilie la tatoueuse), Vincent Deniard (L'amoureux du mariage), Elsa Houben (Coline 13 ans)...


Laura vagabonde à la campagne, quand elle se joint à un groupe d’activistes, qui s’enchaînent sur les voies en signe de protestation. C’est ainsi qu’elle rencontre Gaspard, un passager du train bloqué par les manifestants, qui doit rejoindre sa famille pour le mariage de son père. Il propose à Laura de se faire passer pour sa copine pendant quelques jours. Comme elle n’est nullement pressée, Laura accepte et se voit alors projetée dans le microcosme particulier d’un zoo... Le film nous captive dès les premières minutes. Un ton, une écriture, un son aussi, signé Thylacine, et une caméra mobile, près de ses personnages, capturant leur beauté, leur vulnérabilité, leur mélancolie, leur colère, leurs extases. Si le film prend le nom de Gaspard, c’est surtout parce que tous sont fous... de lui ? Porté par Félix Moati et surtout la folle dingue que l’on adore, Laetitia Dosch, Gaspard va au mariage est une délicieuse comédie centrée sur une famille pas comme les autres, entre l’étrangeté d’un père de famille volage mais amoureux (Johan Heldenbergh, vu dans Alabama Monroe), en passant par la belle-mère fière et droite (Marina Foïs, parfaite), le fils réfléchi et dévoué (Guillaume Gouix, particulièrement touchant) ou la soeur restée en partie dans l’enfance (magnifique Christa Théret). Troisième long métrage d’Antony Cordier, Gaspard va au mariage touche par sa modestie, sa fantaisie et sa justesse. Le cinéaste magnifie le faux couple Moati – Dosch, faisant de leurs atermoiements une danse séduisante, en captant leurs élans. Un film qui donne envie de tomber amoureux. Farfelu, original et d’une drôlerie infaillible.


La petite histoire

 Pour Gaspard va au mariage, Antony Cordier s'est inspiré d'un livre de son enfance contant la vie de Claude Caillé, créateur du zoo de la Palmyre, qui a en en partie inspiré le personnage de Max, le père. Le metteur en scène raconte : "C’était un autodidacte d’origine modeste qui partait en Afrique capturer des animaux et les ramenait en France pour les montrer dans les écoles. Il a ensuite créé deux zoos : l’un est devenu le plus grand d’Europe et l’autre a périclité. C’était une personnalité locale flamboyante. Je me souviens de lui qui accueillait les visiteurs de son zoo avec des anecdotes extraordinaires : « Tiens, je vais vous raconter la fois où j’ai fait 200 km avec un gorille sur le siège passager... ». C’était vraiment le zoo comme réservoir à fiction, le zoo comme machine à fabriquer des images surréalistes ! (...) Mais plutôt que de m’intéresser à la success story du plus grand zoo d’Europe, j’ai essayé d’imaginer l’histoire du zoo qui a périclité. Parce qu’on a tous l’impression de vivre la fin de quelque chose, non ? Comme Max."

Antony Cordier a tourné, en compagnie de son équipe, pendant six semaines dans le parc animalier du Reynou, dans le Limousin. Il s'agit d'un zoo à la structure modeste dans lequel une vingtaine de personnes travaille. "L’avantage, c’est qu’on pouvait se planter dans le zoo et regarder comment ils faisaient - le zoo n’a pas fermé pendant le tournage. On avait la matière documentaire sous les yeux. Quand Guillaume Gouix, au détour d’une scène, ramasse un papier et le met machinalement dans sa poche en ronchonnant, c’est parce qu’on a vu le personnel du zoo le faire, ce genre de tout petit détail ne vient pas à l’écriture", se rappelle le cinéaste.