In the Fade

Aus Dem Nichts

2017

Allemagne / France

1h46

de Fatih Akın.

avec Diane Kruger (Katja Sekerci), Denis Moschitto (Danilo), Numan Acar (Nuri), Samia Muriel Chancrin (Birgit), Johannes Krisch (Haberbeck), Ulrich Tukur (Jürgen Möller), Ulrich Brandhoff (André Möller), Hanna Hilsdorf (Edda Möller)...


La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

"Dénonciation efficace du terrorisme néo-nazi, le film de Fatih Akin est un thriller maîtrisé tout autant qu’un touchant portrait de femme, qui offre à Diane Kruger son meilleur rôle." A voir à lire


La petite histoire

 Fatih Akın a ressenti le besoin de faire ce film après les meurtres commis en Allemagne, contre des personnes d’origine turque, par des membres du groupuscule néo-nazi NSU (littéralement Clandestinité Nationale-Socialiste). Le procès de Beate Zschäpe, la seule survivante parmi les assassins, est toujours en cours. L’une des victimes avait d'ailleurs joué au foot avec le frère du metteur en scène et n'habitait pas loin de ce dernier, dans le quartier d’Altona, à Hambourg. Akın raconte : 

"Des meurtres proches, touchant des gens ayant la même origine que moi : j’aurais pu moi-même être l’une des victimes… L’enquête a fait scandale, parce que la police a d’abord soupçonné les victimes elles-mêmes : celles-ci étaient forcément impliquées dans le trafic de drogue, ou dans des salles de jeu clandestines, ou dans d’autres activités criminelles. Les meurtres ne pouvaient être que des règlements de compte de la mafia turque... La presse a tellement relayé les soupçons de la police que les familles des victimes elles-mêmes s’interrogeaient : et si mon père ou mon fils avaient vraiment fait affaire avec le crime organisé…? Mais tout était faux : les victimes n’avaient rien à se reprocher."

Lors de l'écriture du scénario, Fatih Akın s'est beaucoup documenté. Le cinéaste s'est, entre autres, rendu à Munich assister à quelques audiences du procès. Il se rappelle : "Je voulais voir quel genre de femme était l’accusée, Beate Zschäpe. Les meurtriers du film, même s’ils sont plus jeunes, sont inspirés d’elle : une femme mutique, qui ne communique avec la cour que par écrit. Son effacement est assez fascinant: elle est comme un fantôme… J’ai aussi demandé les minutes du procès, près de cinq mille pages !"