La juste route

1945

2017

Hongrie

1h31

de Ferenc Török.

avec Péter Rudolf (Szentes István), Bence Tasnádi (Szentes Árpád), Tamás Szabó Kimmel (Jancsi), Dóra Sztarenki (Kisrózsi), Ági Szirtes (Kustár Andrásné), József Szarvas (Kustár András), Eszter Nagy-Kálózy (Szentesné Anna), Iván Angelusz (Sámuel Hermann), Marcell Nagy (fils de Sámuel Hermann), István Znamenák (Chef de gare)...


En août 1945, au cœur de la Hongrie, un village s’apprête à célébrer le mariage du fils du notaire tandis que deux juifs orthodoxes arrivent, chargés de lourdes caisses. Un bruit circule qu’ils sont les héritiers de déportés et que d’autres, plus nombreux peuvent revenir réclamer leurs biens. Leur arrivée questionne la responsabilité de certains et bouleverse le destin des jeunes mariés.


La petite histoire

 Peu de films traitent des événements de 1944 en Hongrie. Selon le producteur Ivan Angelusz, La Juste route "se passe à une époque où il y avait encore une chance d’aller vers un avenir meilleur, et aussi de regarder en face des souvenirs sombres qui vivent encore en nous. Ce n’est pas le but de ce film de pointer un doigt accusateur. (...) Ce n’est pas un film sur l’Holocauste, mais plutôt un drame qui dissèque la vie d’un village de province hongrois et comment les évènements tragiques de la guerre a affecté toute la population."

La Juste route revient sur l'"aryanisation" qui désigne l’expropriation des Juifs et les spoliations endurées pendant la Shoah. Il ne s'agissait pas seulement d'éliminer toute influence "juive" dans l'économie et de réunir des milliards mais de priver de leurs moyens d'existence des milliers de gens et de leur rendre la vie matériellement impossible, de les faire littéralement disparaître du paysage. Ce fut une des étapes de la Solution finale. A l’arsenal juridique mis en place dans les différents pays tombés sous la coupe des nazis, s’est ajoutée une sorte d’aryanisation spontanée lorsqu’après l’arrestation ou le départ des juifs, leurs voisins pillaient leurs appartements. 

La Juste route est tirée de Homecoming, une nouvelle de 10 pages de Gabor T. Szanto qui a d'ailleurs participé à l'adaptation de son oeuvre aux côtés du réalisateur Ferenc Török. Ce dernier revient sur cette collaboration : "Nous avons développé ensemble une dramaturgie, similaire aux tragédies grecques qui sont fondées sur l’unité d’action, de lieu et de temps. Nous avons ajouté des personnages et renforcé le tout avec des dialogues concis. C’est comme cela que le texte a évolué vers un scénario au fil du temps. Ce que j’aime dans la nouvelle, c’est la façon dont le récit, dans un temps relativement court, trois ou quatre heures, présente des situations sans dialogues, qui se succèdent comme si l’on suivait un chemin. C’est quelque chose que je voulais garder dans la dramaturgie du film."