Coeurs purs

Cuori Puri

2017

Italie

1h55

de Roberto De Paolis.

avec Selene Caramazza (Agnese), Simone Liberati (Stefano), Barbora Bobulova (Marta), Stefano Fresi (Don Luca), Edoardo Pesce (Lele), Antonella Attili (Angela), Federico Pacifici (Ettore)...


Agnese, 17 ans, vit seule avec une mère pieuse, qui lui demande de faire voeu de chasteté jusqu'au mariage. Stefano, 25 ans, issu d'un milieu marginalisé par la crise, est vigile dans un parking situé face à un campement de Roms. Quand ces deux-là se rencontrent, c'est une parenthèse qui s'ouvre, dans laquelle ils oublient les tensions de leur vie quotidienne. Mais les idéaux d'Agnese et la violence du monde de Stefano permettront- ils à cette passion naissante d'exister ? Dans son premier long métrage, le jeune Roberto De Paolis s’intéresse aux jeunes de la banlieue romaine avec une grande poésie. Dès le début, il nous saisit pour ne plus nous lâcher, traitant cette vibrante histoire d’amour comme une course contre la montre. Il y a un peu du cinéma des Dardenne dans la manière dont sont (admirablement) dirigés ces deux comédiens qui crèvent littéralement l’écran, deux « coeurs purs » qu’on quitte à regrets, mais aussi dans ce mélange de portrait d’une réalité sociale et de captation de l’intime, criante de vérité. Un film qui transpire. De sang. De larmes. De sueur. De chair. La vie. Un beau portrait de jeune femme qui s’émancipe et se libère d’un poids pour empoigner son destin, sa vie de femme et d’adulte.


La petite histoire

 Roberto De Paolis revient sur la genèse de Coeurs purs : "Pour écrire le film, j’ai d’abord choisi d’examiner la périphérie urbaine: les centres sociaux, les camps de Roms, mais aussi les églises dans lesquelles j’ai observé ce qu’était la réalité de la communauté Chrétienne aujourd’hui. L’écriture du scénario est rapidement devenue une expérience de vie et les rendez-vous organisés se sont transformés en séjours avec des gens qui sont, par la suite, devenus les protagonistes du film. Pour comprendre vraiment ces personnes, pour mieux écrire sur eux, j‘ai voulu me laisser contaminer, essayer de vivre leur vie, sans les juger", confie le cinéaste. 

Pour le tournage, Roberto De Paolis a utilisé les techniques d’improvisation, aussi bien pour les comédiens que pour le cadreur. Il a également choisi de ne pas utiliser d'éclairage artificiel et ne pas limiter le cadrage afin de ne pas contraindre les acteurs à évoluer dans des espaces trop confinés.
"Le travail à la caméra a été improvisé de façon à ce qu’elle “ressente” plutôt qu’elle suive des parcours prédéfinis. Les deux comédiens étaient libres de modifier leur texte, de bouger comme ils le souhaitaient et d’enrichir les scènes de réactions spontanées qui leur étaient propres. Paradoxalement, cette incertitude sur ce qui était en train de se passer sous nos yeux a contribué à entretenir une atmosphère vivante et une attention paticulière sur le plateau : cet état d’alerte nous poussait à réagir, à nous plonger dans l’action, comme dans la vie. Nous avons donc choisi d‘opter au tournage pour cette approche quasi documentaire afin de rester fidèles à ce que nous avions perçu lors de la préparation sur le terrain."