El Presidente

La Cordillera

2017

Argentine / Espagne / France

1h54

de Santiago Mitre.

avec Ricardo Darín (Hernán Blanco), Dolores Fonzi (Marina Blanco), Erica Rivas (Luisa Cordero), Paulina García (Présidente Paula Scherson), Elena Anaya (Claudia Klein), Daniel Giménez Cacho (Président Sebastián Sastre), Alfredo Castro (Desiderio García), Gerardo Romano (Ministro Castex), Leonardo Franco (Oliveira Prete, Présidente du Brésil)...


Au cours d’un sommet rassemblant l’ensemble des chefs d’état latinoaméricains dans un hôtel isolé de la Cordillère des Andes, Hernán Blanco, le président argentin, est rattrapé par une affaire de corruption impliquant sa fille. Alors qu’il se démène pour échapper au scandale qui menace sa carrière et sa famille, il doit aussi se battre pour conclure un accord primordial pour son pays...

Après El Estudiante et Paulina, le réalisateur Santiago Mitre poursuit son exploration politique et sociale de l’Argentine contemporaine – et ses profondes contradictions - avec le portrait d’un président « normal » tout juste arrivé au pouvoir. Le film, à l’élégante mise en scène, est plus délibérément politique et sarcastique que ses deux précédents longs métrages. Astucieux, superbement filmé, bien dialogué, porté par d’excellents acteurs (dont le toujours impeccable Ricardo Darin), avec d’intrigants mystères, il se présente sous la forme d’un petit jeu de massacre, quelque part entre le Nanni Moretti du Caïman et le Pablo Larrain de No.


La petite histoire

 Le réalisateur Santiago Mitre revient sur l'origine du projet El Presidente : "Mes deux précédents films avaient déjà trait à la politique : El Estudiante était un récit d’apprentissage politique, et Paulina évoquait l’engagement politique d’une jeune femme dont la vie était bouleversée par un événement tragique. J’ai souhaité aller encore plus loin avec El Presidente et faire le portrait d’une figure politique majeure, d’un homme dont la politique est le métier. J’avais envie de confronter sa vie publique et sa vie privée, de montrer l’homme derrière le politicien. Par ailleurs, mon père a longtemps travaillé pour le Mercosur, de fait il a beaucoup fréquenté ces sommets internationaux qui réunissent les puissants de ce monde. D’où l’idée d’inscrire le récit dans un tel sommet quelque part en Amérique latine. En revanche, je ne voulais pas faire un thriller politique. Nous avons choisi, avec Mariano Llinás mon coscénariste, d’amener le récit vers plus d’étrangeté, d’installer un climat proche du fantastique tout en étant ancré dans le réel."

Santiago Mitre revient sur ses inspirations dans l'élaboration d'El Presidente :

"D’une certaine manière, le politique a toujours quelque chose d’inquiétant, d’énigmatique. Il m’a paru intéressant de travailler le politique à partir d’une entrée différente. Généralement, quand on parle des politiques, on fait plutôt des thrillers ; ici, j’avais envie d’aborder le politique à travers des éléments fantastiques. Il faut savoir que je me sens héritier de la tradition de la littérature fantastique qui est extrêmement forte en Argentine. Le fantastique me paraissait donc être une très bonne manière d’apporter de l’étrangeté et de l’inquiétude dans ce milieu du pouvoir. Mes inspirations ont été autant Polanski que Kubrick ou Julio Cortazar."