La solitude du coureur de fond

The Loneliness of the Long Distance Runner

1962

Grande-Bretagne

1h45

de Tony Richardson.

avec Michael Redgrave (Le directeur du centre), Tom Courtenay (Colin Smith), Avis Bunnage (Mrs. Smith), Alec McCowen (Brown), James Bolam (Mike), Joe Robinson (Roach), Dervis Ward (Le détective)Topsy Jane (Audrey), Julia Foster (Gladys)...


Ayant été convaincu de cambriolage, Colin Smith, un adolescent, est envoyé dans un centre de redressement. Le directeur, un austère victorien, remarque rapidement ses qualités athlétiques et devine en lui un coureur de fond d'exception. Aussi le soumet-il à un rude entraînement. Il espère en effet que Colin sera capable de battre les concurrents du collège voisin. Colin se plie à la discipline que lui impose le directeur, tout en se remémorant les étapes de sa dérive. Quelques mois plus tôt, son père est mort, autant de misère que de maladie. Dès le lendemain, sa mère a introduit son amant en ses lieux et places... 

"Dès les premières images, grises et bougonnes, la filiation avec Les Quatre Cents Coups saute aux yeux. Même entretien loufoque avec le psy de service, même trot infatigable dans les champs maritimes : le héros ressemble à Antoine Doinel. Ce n'est pas un hasard. La Solitude du coureur de fond appartient au courant du Free Cinema, la Nouvelle Vague britannique, née dans les années 50 autour de la revue Sequence, aussi allergique au « cinéma de papa » que les Cahiers du cinéma. Avec ses compères Lindsay Anderson et Karel Reisz, Tony Richardson milita donc pour que les films s'insèrent plus dans la réalité sociale. Ici, le cinéaste a essayé d'innover visuellement, utilisant une construction de flash-back tellement fluide qu'elle s'embrouille avec le présent, et finit par fatiguer par son systématisme. En fait, la plus grande trouvaille de Richardson est sonore : les voix cornent comme des Klaxon, à la fois sourdes et forcées, toujours un peu fourbes du côté des éducateurs, faussement enjouées du côté des délinquants. Tom Courtenay, trouble et juvénile, entamait là une carrière magistrale, croisant un figurant devenu célèbre, Albert Finney." Télérama