Les bienheureux

2017

France

1h42

de Sofia Djama.

avec Sami Bouajila (Samir), Nadia Kaci (Amal), Faouzi Bensaïdi (Amin), Salima Abada (Souad), Adam Bessa (Reda), Lyna Khoudri (Feriel), Amine Lansari (Fahim)...


En 2008 à Alger, Amal et Samir s'apprêtent à fêter leurs vingt années de mariage au restaurant. Mais cet anniversaire marque aussi celui des émeutes de 1988 qui ont conduit au multipartisme en Algérie. Pendant leur trajet, le couple évoque leur Algérie : Amal, à travers la perte des illusions, Samir par la nécessité de s'en accommoder... Pendant ce temps, leur fils Fahim et ses amis Feriel et Reda affrontent à leurs manières la sinistrose ambiante. La cinéaste se confronte avec courage et lucidité au traumatisme qui a étouffé la génération de ses parents. Dans une unité de lieu, de temps et d'action, Sofia Djama par la subtilité d'une écriture scénaristique multipliant les pistes de lecture et de compréhension de l'histoire complexe de l'Algérie de ces dernières décennies, propose un premier long métrage vibrant...


La petite histoire

 A l'origine des Bienheureux, il y a une nouvelle, "Un verre de trop", écrite par Sofia Djamaet qui est centrée sur quelques personnages dans Alger. La cinéaste a écrit le scénario du film en deux ans et demi, et en y ajoutant des protagonistes. Elle se rappelle : 

"A l’époque, je voyageais beaucoup avec mon court-métrage, Mollement, un samedi matin. Il y a dans ce court quelque chose de très revendicateur, de nerveux, mais certaines réactions violentes de spectateurs algériens me donnaient l’impression que je n’avais pas le droit d’exprimer ma colère. J’attache une importance absolue à ce que les Algérois, en particulier, pensent de mes films. Et puis, je me suis libérée de ce malaise : j’allais raconter ce que je voulais avec Les Bienheureux et comme je le voulais puisque de toute manière, chaque film, en Algérie, est attendu au tournant : les Algériens y voient l’occasion, rare dans notre pays qui produit peu de films, de se voir, et ils ont tendance à ne pas y retrouver « leur » Algérie. Mais il n’y a pas qu’UNE Algérie. Ce pays est multiple, et ce sont justement cette richesse et cette diversité qu’il faut respecter pour l’apaiser."

Les Bienheureux raconte une nuit vécue par un couple de quadragénaires et trois adolescents à Alger. Sofia Djama voulait qu'il y ait dans son film deux points de vue générationnels pour montrer les conséquences de la bigoterie et de la politique sur l’intimité des gens (résignation pour les uns, cynisme pour les autres). "Il y a les adultes qui avaient vingt ans en octobre 1988 lors du soulèvement populaire et celui de leurs enfants âgés de vingt ans en 2008 (ma génération), période à laquelle se déroule l’histoire, quelques années, donc, après la guerre civile", raconte la cinéaste.