Chavela Vargas

Chavela

2017

Etats-Unis

1h30

de Catherine Gund et Daresha Kyi.

avec Chavela Vargas.


De Frida Kahlo à Pedro Almodovar, artiste inspirante et inspirée, ce récit composé d’images rares révèle une femme à la vie iconoclaste et d'une modernité saisissante. Figure de proue de la musique mexicaine Ranchera, Chavela Vargas, restera à jamais empreinte de récits et de légendes. Chavela s'est elle vraiment glissée tard dans la nuit dans les chambres des maris pour leur voler leur femme ? S'est elle vraiment enfuie avec Ava Gardner au mariage de Elisabeth Taylor ? Vêtue comme un homme, fumant et buvant comme un homme, portant un pistolet, Chavela n’a cessé d’affirmer sa liberté, sa singularité, son identité et sa passion pour la musique et les textes engagés. Par sa structure lyrique, le film emmène le spectateur dans un voyage évocateur et stimulant à travers sa vie. Tourné en 1991 il nous offre un regard rare et intime sur cette icône de la chanson à un moment crucial de son parcours. Cette entrevue unique permettra d'explorer cette vie fascinante de l’artiste, que les gens n’oublieront jamais.


La petite histoire

 Au début des années 1990, Catherine Gund a perdu son meilleur ami du sida et s'est enfuie à Mexico pour y rester pendant des mois. Habituée à filmer des performances dans la rue, elle avait dans son sac une caméra Hi-8 et cherchait à se représenter elle et ses amis (les queer, les gens de couleur) dans toute leur beauté et leur sensibilité. La cinéaste se rappelle :
"J’ai suivi la même impulsion pour trouver et filmer Chavela. A 71 ans, elle était assez méconnue, également queer, oubliée et dénigrée. Mes nouveaux amis savaient qu’elle avait des problèmes d’alcoolisme, qu’elle avait récemment rompu avec quelqu’un, et qu’elle vivait des moments difficiles. La communauté lesbienne de Mexico à cette époque était assez petite et trouvait que Chavela n’était pas reconnue à sa juste valeur. Il y avait là cette immense icône qui semblait être relayée au second plan et sombrait dans l’oubli. Mais néanmoins, tous savaient qu’elle n’avait pas peur et ils l’admiraient pour cela. Elle était fidèle à elle-même et croyait en son pouvoir. C’était un miracle d’avoir eu cette interview. Elle nous a invité dans sa maison d’Ahuatepec. Elle n’avait jamais autant parlé avec des inconnus comme elle l’a fait pendant des heures avec nous. Elle a évoqué des choses personnelles, comme le fait de trouver l’amour et le perdre, de se battre pour être reconnue pour son talent, elle s’est livrée avec beaucoup d’émotion. Elle a parlé de la joie et de la souffrance d’être confrontée à des gens qui la reconnaissaient, et qui l’appelait soit « diva » soit « gouine ». Nous savions que c’était une opportunité de faire partager son histoire à une large audience. Mais nous ne savions pas que son histoire n’en était qu’à la moitié. Elle s’est prédite à elle-même sa propre trajectoire quand elle a commencé le film en disant : « Ne me demande pas où j’ai été. Demande- moi où je vais ». Comment aurions-nous pu savoir ?! Ces interviews sont le point d’ancrage du film Chavela."