Prendre le large

Prendre le large

2017

France

1h43

de Gaël Morel.

avec Sandrine Bonnaire (Edith Clerval), Mouna Fettou (Mina), Kamal El Amri (Ali), Ilian Bergala (Jérémy), Farida Ouchani (Najat), Nisrine Radi (Karima), Lubna Azabal (Nadia)...


La vie d’Edith est bouleversée par un plan social. L’usine dans laquelle elle travaille depuis toujours est délocalisée à Tanger. Pour les ouvriers, l’unique alternative au chômage est d’accepter un reclassement au Maroc. Edith, sans attache, avec un fils travaillant au loin, est la seule à faire ce choix. Même si les premiers pas dans cette nouvelle usine et ce pays inconnu sont difficiles, Edith se lie vite d’amitié avec Mina, qui tient la pension où elle loge. Grâce à cette amitié, sa vie prend un nouveau tournant. Gaël Morel nous raconte ici le parcours d’une femme qui fuit un pays qui ne la regarde plus. Pour écrire le scénario, le cinéaste s’est fait accompagner par Rachid O, romancier marocain, auteur de «l’Enfant ébloui» et d’«Analphabètes ». « A défaut d’apporter des solutions politiques aux problèmes, j’essaie d’en apporter à mes personnages. Il y a quelque chose de l’ordre de l’apaisement, presque de la communion dans « Prendre le large » ». Gaël Morel Un film subtil et fraternel, porté par l’intensité solaire de Sandrine Bonnaire.


La petite histoire

 C'est en évoquant avec son père la situation du textile à Villefranche-sur-Saône, où il a longtemps travaillé lui-même comme ouvrier, que Gaël Morel a eu l’idée de cette femme qui accepte un reclassement au Maroc. Le cinéaste a ainsi voulu, avec Prendre le large, rendre hommage au milieu ouvrier d’où il vient. Il explique :  

"Le textile est complètement sinistré dans ce département et les délocalisations y sont nombreuses. A Tarare, non loin de Villefranche, 80% des usines ont mis la clé sous la porte. Quelques-unes sont encore en activité dans ce bassin, parmi lesquelles celle où a travaillé mon père. J’ai eu la chance de pouvoir tourner dans ce décor si important pour moi toutes les séquences montrant le personnage d’Edith au travail en France."

"Sandrine fait partie de ces actrices qui donnent une direction aux scénarios au moment de l’écriture. C’est une belle actrice au sens absolu du terme. Même lorsqu’elle porte une blouse, elle a ce port de tête et cette souplesse incroyable, qui, en même temps, ne sont pas à côté du personnage puisqu’elle-même est issue de la classe ouvrière. C’était une chance pour moi qu’elle accepte de jouer Edith comme cela a été une chance de pouvoir diriger Catherine Deneuve dans Après lui et Béatrice Dalle dans Notre paradis. Ces trois actrices aux tempéraments incroyablement éloignés ont en commun de faire corps avec le film et d’être complices du metteur en scène. Elles sont dans le don. Ce sont des muses."