Brooklyn Yiddish

Brooklyn Yiddish

Menashe

2017

Etats-Unis

1h21

de Joshua Z. Weinstein.

avec Menashe Lustig (Menashe), Ruben Niborski (Rieven), Yoel Weisshaus (Eizik), Meyer Schwartz (Rabbi)...


Borough Park, quartier juif ultra-orthodoxe de Brooklyn. Menashé, modeste employé d'une épicerie, tente de joindre les deux bouts et se bat pour la garde de son jeune fils Ruben. En effet, ayant perdu sa femme, la tradition hassidique lui interdit de l'élever seul. Mais le Grand Rabbin lui accorde de passer une semaine avec son fils ; l’ultime occasion pour Menashé de prouver qu’il peut être père dans le respect des règles de sa communauté. 


La petite histoire

 L'Américain Joshua Z. Weinstein vient du documentaire et a beaucoup voyagé à travers sa carrière, notamment en Ouganda, en Inde, au Japon ou encore aux Philippines. Le metteur en scène a voulu réaliser un film centré sur le milieu hassidique new-yorkais parce qu'il s'agit selon lui d'un univers noble, à la fois éloigné et proche. Il explique : 

"Je me disais que cela faisait partie de moi, que les hassidim sont un peu mes frères : je suis juif, ils sont juifs. Mais rien ne nous relie si ce n’est nos racines. Il y a quelques années, on aurait été dans les mêmes endroits, nos racines plantées dans le même sol, mais là, nous sommes comme déconnectés les uns des autres. Pour moi, le cinéma est un moyen de comprendre ceux qui nous semblent différents, étrangers. J’ai fait ce film pour approcher cette différence. Je pense que l’émotion que procure le cinéma donne accès à la vérité, ou bien qu’elle est une part importante de la vérité. Ce film était une façon de comprendre la société et en particulier le microcosme hassidique – auquel je suis attaché – tout en épousant des problématiques plus larges. Le but était de comprendre dans quelle société évolue Menashé, qui a un point de vue singulier, unique et très particulier, car il ne se fond pas totalement dans le milieu hassidique." 

Brooklyn Yiddish est inspiré de la propre vie de Menashé Lustig. Dans un premier temps,Joshua Z. Weinstein s'est immergé dans le milieu hassidique, dans les cafés. Le cinéaste est allé prier avec des personnes rattachées à cette religion et s'est fondé dans le décor. Il a ensuite expliqué aux gens qu'il cherchait des acteurs pour jouer dans un film, mais personne n'a voulu tenter l'expérience. Il a alors rencontré un ami qui fait des vidéos et des clips musicaux au sein de la communauté et qui lui a présenté Menashé. Joshua Z. Weinstein se rappelle :  

"On a fait des tests avec lui devant la caméra et ça a immédiatement fonctionné. Les gens le voyaient comme un nouveau Charlie Chaplin. Régulièrement, il fait des animations dans les fêtes religieuses, mariages et bar-mitsva... Il était d’emblée très drôle mais j’ai vu dans son regard quelque chose d’autre : tant de peine. Il me semblait si vulnérable mais avait une présence d’une rare intensité. Il savait être présent, juste présent. Alors j’ai su que j’allais faire ce film avec lui, avec son histoire à lui. Nous avons beaucoup parlé, il m’a raconté son histoire : la mort de son épouse et la perte de la garde de son fils. C’était à la fois spécifique aux pratiques de cette micro-société hassidique et en même temps, totalement universel : la paternité, se faire arracher son fils et essayer de tout faire pour le reprendre."