Au revoir là-haut

Au revoir là-haut

2017

France

1h57

d'Albert Dupontel.

avec Nahuel Perez Biscayart (Edouard Péricourt), Albert Dupontel (Albert Maillard), Laurent Lafitte (Lieutenant Pradelle), Niels Arestrup (Marcel Péricourt), Emilie Dequenne (Madeleine Péricourt), Mélanie Thierry (Pauline), Héloïse Balster (Louise), Philippe Uchan (Labourdin)...


Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire… 

Toujours plus imprévisible et audacieux, Albert Dupontel nous revient avec l’adaptation d’Au-Revoir Là-Haut, fresque exubérante et baroque de la Première guerre mondiale écrite par Pierre Lemaitre, prix Goncourt de 2013. Alors que le réalisateur se frotte ici pour la première fois au difficile exercice de la reconstitution historique, il trouve un terrain de jeu à la hauteur de sa foisonnante créativité et s’en donne à coeur-joie, avec une euphorisante énergie. Il confirme ainsi qu’il est probablement le cinéaste français le plus ambitieux visuellement, capable de convoquer aussi bien Tex Avery que Buster Keaton, ou des explosions de couleurs Lynchéennes. Cette multiplicité des tons se retrouve jusque dans l’interprétation ou, signe de la maîtrise et de la malice de son chef d’orchestre, le film parvient à faire cohabiter des comédiens au jeu foncièrement différent, voire contradictoire. Et par miracle, la veulerie chaloupée de Lafitte, la bonhommie contrariée de Dupontel, la tension hallucinée de l’impressionnant Nahuel Pérez Biscayart, et la rouerie dominatrice d’Arestrup forment un orchestre de la dissonance absolument fascinant, parfaitement soutenu par la musique protéiforme de Christophe Julien.


La petite histoire

 Albert Dupontel explique la genèse du projet Au revoir là-haut : 

"En plus de mon énorme plaisir de lecteur, je trouvais le livre extrêmement inspirant. J’y ai vu un pamphlet élégamment déguisé contre l’époque actuelle. Tous les personnages me paraissaient d’une modernité confondante. Une petite minorité, cupide et avide, domine le monde, les multinationales actuelles sont remplies de Pradelle et de Marcel Péricourt, sans foi ni loi, qui font souffrir les innombrables Maillard qui eux aussi persévèrent à survivre à travers les siècles. Le récit contenait également une histoire universelle, dans le rapport d’un père plein de remords, à un fils délaissé et incompris. Et enfin, l’intrigue de l’arnaque aux monuments aux morts créait un fil rouge donnant rythme et suspens au récit. 

Tous ces éléments ont fait que pour la première fois pourmoi une adaptation me paraissait faisable et judicieuse. De surcroit le livre de Pierre Lemaitre est un véritable mode d’emploi pour un scénario tant son écriture est visuelle et ses personnages parfaitement définis psychologiquement, le tout dans une narration aux rebondissements continus."