The Square

The Square

2017

Suède / Allemagne / Danemark / France

2h31

de Ruben Östlund.

avec Claes Bang (Christian), Elisabeth Moss (Anne), Dominic West (Julian), Terry Notary (Oleg), Christopher Læssø (Michael), Marina Schiptjenko (Elna), Elijandro Edouard (Pojken), Daniel Hallberg (PR consultant)...

Palme d'Or Festival de Cannes 2017


Christian est un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il roule en voiture électrique et soutient les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leur prochain. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs… Comme dans son film précédent, Snow Therapy, Ruben Östlund met en scène un personnage masculin, d’une veulerie d’autant plus hallucinante que ce charismatique conservateur de musée se fait le porte-parole satisfait d’une classe bien-pensante. À travers les réactions pathétiques de ce personnage, superbement écrit et interprété par l'impérial Claes Bang, Östlund se joue sans ménagement de son hypocrisie, avec une intelligence du moindre détail et un humour qui laissent pantois. Il nous offre des séquences tordantes, grinçantes, choquantes, inattendues mais lourdes de sens. Anticonformiste à souhait, The Square mérite bien sa Palme d'Or.


La petite histoire

Le cinéaste suédois Ruben Östlund revient sur ses intentions en lançant le projet The Square: 
"Tout comme 
Snow TherapyThe Square est un film dramatique et satirique. Je voulais faire un film élégant en me servant de dispositifs visuels et rhétoriques pour bousculer le spectateur et le divertir. Sur le plan thématique, le film aborde plusieurs sujets, comme la responsabilité et la confiance, la richesse et la pauvreté, le pouvoir et l’impuissance, l’importance croissante que l’on accorde à l’individu par opposition à la désaffection vis-à-vis de la communauté et la méfiance à l’égard de l’État en matière de création artistique et de médias."

Ruben Östlund explique les origines du projet The Square : 
"2008 a marqué l’apparition du premier « quartier fermé » en Suède, un lotissement sécurisé auquel seuls les propriétaires en ayant l’autorisation peuvent accéder. Il s’agit là d’un exemple extrême qui montre que les classes privilégiées s’isolent du monde qui les entoure. C’est également un des nombreux signes de l’individualisme grandissant dans nos sociétés européennes, alors que la dette du gouvernement s’alourdit, que les prestations sociales diminuent et que le clivage entre riches et pauvres ne cesse de se creuser depuis une trentaine d’années. Même en Suède, pourtant reconnue comme l’un des pays les plus égalitaires au monde, le chômage croissant et la peur de voir son statut social décliner ont poussé les gens à se méfier les uns des autres et à se détourner de la société. Un sentiment général d’impuissance politique nous a fait perdre confiance en l’État et nous a poussés à nous replier sur nous-mêmes. Mais est-ce l’évolution que nous souhaitons pour nos sociétés ? C’est cette réflexion qui nous a poussés, Kalle Boman et moi, à développer le projet de The Square."