A l'ouest du Jourdain

A l'ouest du Jourdain

West Of The Jordan River (Field Diary Revisited)

2017

Israël / France

1h24

d'Amos Gitaï

 


35 ans après le documentaire Journal de Campagne, Amos Gitaï revient en Cisjordanie à la rencontre d’israéliens et palestiniens qui font face à l’occupation et au chaos constant. Missionnaire d’une réconciliation fantasmé, le réalisateur fait entendre la voix de l'ONG Breaking The Silence réunissant les vétérans de l’armée Israélienne tourmentés par leur service en territoire occupé, et B’Tselem qui promeut la création d’une culture des droits de l’homme en Israël. Accompagné d’une équipe réduite Amos Gitaï, se rend à Hébron dans le sud de la région. Il met en lumière les conflits internes qui sévissent depuis un demi-siècle, les deux-tiers de l’histoire de l’état d’Israël. Pourtant au bord du fatalisme et de la résignation, des femmes et des hommes luttent quotidiennement pour y installer la paix. Toujours bienveillant, le réalisateur, citoyen de ce pays en discorde, nous offre de précieux témoignages intimistes de familles bédouines, esseulées par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. À l’ouest du Jourdain est, d’abord, une dénonciation implacable des ravages de la colonisation. Mais le film est aussi un hommage au civisme des individus face à l’incurie meurtrière des politiques.


La petite histoire

 Amos Gitaï, réalisateur engagé contre la politique de son pays, revient sur les territoires occupés 35 ans Journal de campagne : 

"J’ai fait Journal de campagne il y a 35 ans, avant et pendant la guerre du Liban de 1982. J’éprouvais à l’époque la même sensation : les points de conflits ne cessaient de s’étendre en raison de la politique mise en oeuvre par le gouvernement israélien sans en mesurer les conséquences. La situation actuelle est dans une impasse totale. Le gouvernement israélien actuellement au pouvoir est très réactionnaire. Il intervient dans tous les domaines, y compris la justice, la culture et l’éducation, pour limiter la liberté d’expression et faire circuler les propos racistes."

Journal de campagne a provoqué un véritable tollé en Israël en 1982, à l'époque de la guerre du Liban obligeant Amos Gitaï à quitter son pays et s'exiler à Paris : 

"Journal de campagne était le troisième volet d’une trilogie composée de House (1980) et Wadi (1981), entamée à la fin de mes études d’architecture. La première projection publique de Journal de campagne a eu lieu en janvier 1983 à la Cinémathèque de Jérusalem, à l’invitation de Lia van Leer. Comme il faisait froid, je pensais qu’il y aurait peu de monde, mais la salle était bondée. Certains arrivaient même directement du front avec leur armement. L’atmosphère était très tendue, et même explosive. La critique et intellectuelle américaine Annette Michelson était présente. Plus tard, elle a écrit que ces circonstances avaient été pour elle une bonne façon de découvrir mon travail et le contexte conflictuel qui a donné naissance à certains de mes films. Le tumulte créé par ce film et les réactions hostiles qu’il a entraînées m’ont contraint à quitter le pays, le temps que cette hostilité se calme. Neuf ans après, Yitzhak Rabin a été élu Premier ministre et j’ai eu envie de rentrer."