Numéro une

Numéro une

2017

France

1h50

de Tonie Marshall.

avec Emmanuelle Devos (Emmanuelle Blachey), Suzanne Clément (Véra Jacob), Richard Berry (Jean Beaumel), Sami Frey (Henri Blachey), Benjamin Biolay (Marc Ronsin), Francine Bergé (Adrienne Postel-Devaux), Anne AzoulayJohn Lynch (Gary)...


Emmanuelle Blachey est une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l'énergie, jusqu'au comité exécutif. Mariée depuis vingt ans à un homme attentionné et mère de deux enfants, sa réussite est totale… ou presque. Un jour, un réseau de femmes d'influence lui propose de l'aider à prendre la tête d'une entreprise du CAC 40. Aucune femme n'étant à l'un de ces postes à ce jour. C'est le début d'un combat contre un monde où les hommes ne sont pas prêts à laisser leur place. Tonie Marshall (Vénus beauté (institut)) a coécrit le scénario de son film avec Marion Doussot et la journaliste - grand reporter du Monde, spécialiste en politique, Raphaëlle Bacqué. Le récit, émaillé d’anecdotes véritables glanées auprès de cadres dirigeantes, très réaliste et reseigné vise juste. La réalisatrice dresse un constat troublant en démontrant les mécanismes sexistes qui gouvernent le cercle très fermé des patrons du CAC40. Emmanuelle Devos se glisse à merveille dans la peau de cette prétendante au pouvoir. Un récit tout en tension donnant au film des allures de thriller palpitant.


La petite histoire

 La réalisatrice Tonie Marshall revient sur l'idée de départ qui a donné naissance à Numéro Une : "Il y a six ou sept ans, j’ai eu l’idée d’une série, Le Club, sur un réseau de femmes d’influence. Cette série interrogeait la difficulté pour les femmes d’accéder à des postes importants dans le milieu de la politique, de l’industrie, de la presse… J’ai proposé le projet à diverses chaînes. Seule Arte avait ouvert un oeil mais ils diffusaient Borgen, sur un sujet assez proche. Je continuais à penser à ce sujet et je me suis dit qu’il y avait là matière à un film si je réduisais le nombre de personnages et me concentrais sur un seul lieu de pouvoir. A l’abstraction de la politique, qui repose sur des compromis et des tractations, j’ai préféré le concret de l’industrie."

Tonie Marshall se défend d'avoir mis en scène un film victimaire en pointant le sexisme ambiant dans les grandes entreprises : "Il est vrai que les grandes entreprises ont du mal à recruter des femmes à de hautes fonctions. Non pas parce qu’il n’y en a pas, mais parce qu’elles ne s’autorisent pas à postuler à ces postes et qu’on ne les y encourage pas. Ou encore certaines renoncent, parce qu’elles imaginent (ou elles savent) qu’ayant pris un poste convoité par des hommes, leur vie va devenir un enfer. Et pendant ce temps-là, les hommes grimpent, grimpent, même les moins bons !
Cela dit, Numéro Une se veut un film positif, et le contraire d’un film victimaire. Le discours victimaire me met souvent mal à l’aise. Je sais que le « doute » est un sentiment partagé par presque toutes les femmes,
mais, même atteintes ou blessées, nous devons essayer d’être dans l’avancée, toujours croire que les choses peuvent changer."