L'assemblée

L'assemblée

2017

France

1h39

de Mariana Otero

 


Au printemps 2016, Il y a tout juste un an, des citoyens se réunissent à Paris place de la République pour lutter contre un projet de réforme du code du travail, la loi El Khomri. Cela devient rapidement l’occasion d’inventer une autre manière de faire de la politique. C’est la naissance de Nuit Debout. Chaque jour, la réalisatrice Mariana Otero (Histoire d’un secret, Entre nos mains, A ciel ouvert etc…) a posé sa caméra sur cette place pour suivre la naissance et la vie de Nuit Debout. Avec son équipe elle a pris le temps de capter les moments joyeux, les moments de doute, mais aussi la joie et l’espoir en un monde meilleur. Sous la forme apparente d’une chronique, en alternant scènes d’assemblées et scènes de commissions, moments de vie, de déclamation, d’échange et de réflexion. Le film est construit sans interviews, sans voix off, de manière à laisser une place au spectateur et à lui permettre de s’interroger et de penser cette réinvention d’une assemblée démocratique que fut, est et sera Nuit Debout. La documentariste signe ici un film passionnant, qui atteste d'une soif de démocratie.


La petite histoire

 La réalisatrice Mariana Otero explique la genèse du projet L'Assemblée :

"Présente comme citoyenne dès les prémisses de Nuit debout, je n’ai pas résisté le 1er avril 2016 - 32 mars selon le calendrier Nuit debout - à prendre une caméra. Il n’y a rien à faire, mon rapport au monde passe par le fait de le filmer. Je ne savais pas ce qui était en train de se passer sur cette place de la République mais je comprenais que c’était extraordinaire et méritait d’être raconté. En plein état d’urgence, plusieurs mois après les attentats, cette place qui avait été un lieu de deuil et de commémoration était transfigurée et devenait un lieu de résistance, de réflexion et d’échanges. Au départ, j’ai pensé que j’allais rendre compte des diverses commissions et initiatives qui se multipliaient chaque jour sur la place, en mettant régulièrement des scènes en ligne sur internet. 

Mais très vite j’ai compris que ce format serait insuffisant. Pour apporter un regard différent des médias qui, eux se focalisaient plutôt sur le spectaculaire sans avoir le temps de comprendre de l’intérieur ce qui se pensait sur la place, il fallait donner le temps au temps et faire un film qui donne une forme à ce qui se construisait jour après jour. C’était ma façon de participer et de m’engager dans ce que je pressentais comme quelque chose d’historiquement important. Il faut dire aussi que je retrouvais à Nuit debout, une problématique qui m’obsède comme citoyenne et qui fait le coeur de mon cinéma depuis 25 ans : comment construire quelque chose ensemble tout en considérant chacun dans sa singularité? Comment réinventer le collectif ?"