Petit paysan

Petit paysan

2017

France

1h30

de Hubert Charuel.

avec Swann Arlaud (Pierre Chavanges), Sara Giraudeau (Pascale Chavanges), Bouli Lanners (Jamy), Isabelle Candelier (Mme Chavanges), Valentin LespinasseClément BressonIndia Hair...


Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver...

"Décrivant avec minutie la condition quasi îlienne d'un jeune éléveur, le film tient tout du long - tant par ses excellents comédiens que la dense exactitude de son trait - une note de justesse indéniable." Libération

"Un premier film singulier, entre drame rural et thriller mental. Porté par linterpréation hallucinée de Swann Arlaud, Petit paysan sort réellement des sentiers battus." Première


La petite histoire

 "Mes parents sont tous les deux enfants de paysans. Leur ferme est à Droyes, entre Reims et Nancy, à vingt kilomètres de Saint-Dizier, la ville la plus proche. Ce qui leur a permis de survivre à la crise laitière, c’est beaucoup de travail, peu d’investissements, peu de nouveaux outils, des emprunts limités. Cela signifie beaucoup d’intelligence et aussi s’user physiquement pour survivre.

Je connais bien le métier mais je n’ai jamais eu l’ambition de reprendre la ferme. J’y pensais un peu à chaque changement de cycle scolaire et, curieusement, c’est quand j’étais étudiant à La fémis que j’y ai le plus pensé. Je ne me sentais pas dans mon milieu. En 2008, j’ai eu un accident de voiture avec ma mère, j’ai dû la remplacer pendant six mois à la ferme. Six mois d’une discipline hyperrigoureuse pendant lesquels j’étais dans une forme physique et mentale exemplaire ! J’étais bien, je ne me débrouillais pas mal avec les vaches, le contrôleur laitier disait à mes parents : « Celui-là, il faut pas le laisser partir », et j’ai commencé à douter.

Mais j’ai fini par comprendre que si je m’y sentais bien, c’est parce que je savais qu’il y aurait une fin. Je suis fils unique. Ma mère est à la retraite depuis quelques semaines. Je suis donc l’enfant unique qui ne reprend pas la ferme de ses parents, et je tourne d’ailleurs en ce moment un documentaire à ce sujet. Petit Paysan parle de cette énorme contrainte qu’est la vie à la ferme : travailler sept jours sur sept, traire deux fois par jour, toute l’année, toute la vie. Et du rapport aux parents qui sont toujours là, le poids de cet héritage. Les gestes sont hyper-ritualisés, on va traire les vaches comme on va à la prière, le matin, le soir. Etre éleveur laitier, c’est un sacerdoce." Hubert Charuel