Une femme douce

Une femme douce

Krotkaya

2017

France / Allemagne / Lituanie / Pays-Bas

2h23

de Sergei Loznitsa.

avec Vasilina MakovtsevaLia AkhedzhakovaValeriu Andriuta, Boris KamorzinSergeï KolesovDimitry Bykovsky...


Un jour, une femme reçoit le colis qu’elle a envoyé quelques temps plus tôt à son mari incarcéré. Inquiète et profondément désemparée elle décide de se rendre à la prison, dans une région reculée de Russie, afin d’obtenir des informations. Ainsi commence l’histoire d'un voyage semé d’humiliations et de violence, l’histoire d'une bataille absurde contre une forteresse impénétrable...

"Une femme douce est un grand film politique et romanesque. Il est à la fois doux et extravagant. Sergeï Loznitsa s’y affirme définitivement comme un grand cinéaste." Télérama 

"Une femme douce tourne en spirale dans la Russie cabossée des petites villes et des petites gens, jusqu'à la bascule dans une boîte à fantasmes lynchienne." Première


La petite histoire

" J’avais pensé au départ raconter le destin d’une femme, de cette femme. Son mari est en prison, elle lui envoie un colis et ce colis lui revient. Elle ne comprend pas pourquoi, elle va chercher à se renseigner et le film commence... Je n’avais pas de fin, je n’avais que cette trame intrigue. Le premier dénouement que j’avais entrevu était très différent de celui que j’ai finalement retenu. Le développement de cette histoire se compte en années, et ce qui est resté de l’idée initiale, c’est le stoïcisme et l’impassibilité du visage de l’héroïne, qui ne sourit pas une seule fois dans le film. C’est extrêmement difficile de rester éternellement impassible.

Ce film est pour moi une métaphore d’un pays où les gens se font perpétuellement violer. Y compris par eux-mêmes : en Russie, les gens « s’auto-violent ». Ce pays est empreint de toutes formes de violences. D’un côté vous avez une totale hypocrisie, un énorme mensonge, une parfaite omerta... et de l’autre des choses absolument horribles qui continuent de se passer chaque jour. Pour moi, tout ça reste une énigme très inquiétante. Au lieu de vivre et de faire les choses de manière tranquille, gaie, sympathique, on doit à chaque étape de son existence emprunter une voie difficile, mensongère, parfois terrible. C’est un paradoxe affreux, le plus total des paradoxes, dont j’ai conscience depuis l’âge d’environ cinq ans et que je persiste depuis à ne pas comprendre. Le point de non-retour de ce film se trouve exactement une heure après son début, lorsque l’héroïne se trouve face à la prison. Il consiste en cette espèce de petite protestation qu’elle exprime face à la prison. Là, une constellation de personnages commencent à apparaître autour d’elle et toute l’histoire se déroule ensuite telle que vous la connaissez." Sergei Loznitsa