Lola Pater

Lola Pater

2017

France / Belgique

1h35

de Nadir Moknèche.

avec Fanny Ardant (Lola), Tewfik Jallab (Zino), Nadia Kaci, Lucie Debay, Lubna Azabal, Véronique Dumont, Raphaëlle Lubansu...


Zino, 27 ans, fils d’immigrés algériens, enterre sa mère à Paris. Enfant unique, il a grandi avec elle après le départ brutal de son père Farid, - parti depuis plus de 20 ans. Sur la foi de ce lui a dit sa mère, Zino croit que son père l’a abandonné. Il apprend du notaire que Farid n’est pas retourné en Algérie, mais qu’il réside en Camargue, et que ses parents n’ont jamais divorcé. Pourquoi sa mère lui a-t-elle menti ? Il s’en va le retrouver. Ce qu’il découvre va plonger Zino dans un grand désarroi. Malgré tout, il va tenter de reconstruire avec ce « nouveau Pater ».


La petite histoire

Le réalisateur Nadir Moknèche explique la genèse du projet Lola Pater :
"Dans les années 1980, j’habitais Pigalle. Il y avait dans ma rue deux prostituées transsexuelles avec lesquelles j’entretenais un bon rapport de voisinage. Un après-midi du mois de mai, je rentrais de la fac, l’une d’elles m’apostrophe, me demandant si elle pouvait monter à la maison pour voir à la télé l’ouverture du procès de Klaus Barbie. 
Nous étions le 11 mai 1987. Et je me pressais, justement, pour suivre la retransmission sur Antenne 2. Je me souviens de façon très précise de mon air condescendant du haut de mes 22 ans et de ma condition d’étudiant en droit : « Une pute qui s’intéresse au procès Barbie ! » Voilà que je découvre une toute autre vie. Un individu né garçon, et qui se ressent fille. Elle fut ma première « Lola ». Par la suite, j’ai rencontré d’autres « Lola », recueilli d’autres histoires de transsexuels… une avocate radiée du barreau, des Algériennes ayant fui leur pays, et pour certaines l’hôpital psychiatrique. 
Un autre élément déclencheur fut la rencontre d’un groupe de femmes m’abordant à la sortie d’une projection de mon film Viva Laldjérie pour m’exprimer leur enthousiasme. J’ai fini par comprendre qu’elles étaient transsexuelles. Parmi elles, Pascale Ourbih originaire de mon quartier d’Alger ; depuis, on est devenu amis."

Nadir Moknèche a choisi Fanny Ardant pour camper le transsexuel Lola / Farid. Il explique ce choix : 
"Lors d’un déjeuner chez ma mère, on parlait du scénario, du personnage. Tout à coup, elle lance : « Ne cherche pas, il y a une seule actrice qui peut jouer ce rôle. Pas deux, pas trois, une seule : Fanny Ardant. » J’avoue que j’ai dissimulé mon enthousiasme pour ne pas lui attribuer totalement la paternité de cette illumination. M’est venu aussitôt le souvenir d’une silhouette « masculine » dans un imperméable se précipitant dans une rue sombre. C’était dans « Vivement dimanche ! » que j’avais vu à sa sortie. 
Je découvrais à l’époque Fanny Ardant. L’énergie et l’humour qu’elle dégageait m’avaient beaucoup marqué. Elle avait cette griffe italienne que j’aime beaucoup chez les acteurs. Tout s’est passé très vite : la rencontre, la lecture du scénario, les discussions sur le personnage. Dès notre première entrevue, elle m’a envoyé un message très clair : « Je suis entre vos mains. Vous êtes le réalisateur. » J’ai donc pu travailler en toute liberté."