Le dernier vice-roi des Indes

Le dernier vice-roi des Indes

Viceroy's House

2017

Grande-Bretagne / Inde

1h47

de Gurinder Chadha.

avec Hugh Bonneville (Lord Mountbatten), Gillian Anderson (Edwina Mountbatten), Manish Dayal (Jeet), Huma Qureshi (Aalia), Om Puri (Aalias Father), Michael Gambon (General Hastings Ismay), Lily Travers (Lady Pamela Hicks), Jaz Deol (Duleep)...


Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille.
Petit-fils de la reine d'Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten devra préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avérera bien plus ardue que prévu. Après d'âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n'aura d'autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d'un nouvel état, le Pakistan.
Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
La décision de Lord Mountbatten va provoquer l'un des plus grands déplacements de population de l'Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.


La petite histoire

La Partition de l'Inde de 1947 a toujours intéressé Gurinder Chadha. Bien qu’elle ait grandi à Londres et qu'elle soit née à Nairobi treize ans après la division de l’Inde en deux nations, la réalisatrice a été élevée dans "l’ombre de la partition". Ses ancêtres vivaient dans les contreforts de l’Himalaya, dans le Pakistan actuel et ses grands-parents ont été témoins du chaos au cours duquel la violence tribale entre la minorité musulmane – qui aspirait à sa propre patrie – et la majorité hindoue et sikh a engendré le plus vaste exode de réfugiés de l’histoire. On estime qu’environ 14 millions de personnes ont été déplacées au cours de la Partition et qu’un million d’entre elles ont trouvé la mort. 

C'est en 2005, lorsqu'elle a participé à l'émission "Who Do You Think You A" sur la BBC dans laquelle une personnalité revient sur la terre de ses ancêtres, que la réalisatrice de Joue-la comme Beckham Gurinder Chadha a décidé d'aborder la dimension tragique de son passé culturel via un film. Elle se rappelle : 
"J'étais très réservée sur le Pakistan. Dans l’émission, au moment où je suis arrivée sur place, j’ai expliqué que je préférais parler de l’Inde ‘d’avant la Partition’. Mais j’étais à Jhelum pour tenter de retrouver la maison de mon grand-père et on a fini par la localiser grâce aux gens qui y habitent actuellement. Le plus émouvant, c’était de croiser tous ces gens âgés à qui je demandais : 'Vous habitez ici depuis combien de temps ? Vous avez connu mon grand-père ?' Et ils me répondaient tous : 'Je suis arrivé ici en 47. Je suis arrivé ici en 47. Etc.' Du coup, j’ai compris que toute une communauté Sikh avait été expulsée du Pakistan et remplacée par une autre communauté, tout comme cette nouvelle communauté musulmane avait été expulsée d’Inde et obligée de quitter son port d’attache. Tout cela m’a renvoyé avec force aux répercussions de la Partition."

Gurinder Chadha a voulu que le spectateur cerne bien l’impact de la Partition sur les gens les plus modestes, comme elle l'explique : "Je ne voulais pas me contenter de raconter pourquoi la Partition a eu lieu et m’attacher aux conflits politiques entre les grands dirigeants de l’époque. Je tenais à ce que le spectateur cerne bien l’impact de la Partition sur les gens les plus modestes." 
La réalisatrice a donc eu l’idée de situer entièrement l’intrigue du film dans le palais du vice-roi, siège du gouvernement britannique à Delhi, pour présenter une vision métaphorique de la Partition entre « les étages supérieurs » et les « étages inférieurs ». Elle précise : "Dans le film, le palais du vice-roi est quasiment un personnage à part entière », précise la cinéaste. "Il a été conçu par Lutyens et il a fallu 17 ans pour le construire. Son architecture imposante symbolisait le pouvoir impérial et était destinée à impressionner ses visiteurs. Je suis certaine qu’en 1929, année où il a été achevé, personne n’aurait pu imaginer que moins de vingt ans plus tard elle deviendrait la résidence du premier président de l’Inde (et elle reste à ce jour la plus vaste demeure de chef d’État au monde)."