Ava

Ava

2017

France

1h45

de Léa Mysius.

avec Noée Abita (Ava), Laure Calamy (Maud), Juan Cano (Juan), Tamara Cano (Jessica), Daouda Diakhate, Baptiste Archimbaud, Franck Beckmann, smael Capelot...


Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l'océan quand elle apprend qu'elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. En une seule scène d'ouverture, quelques très beaux cadres et une lumière à la patine colorée subtilement singulière et charnelle, la jeune cinéaste Léa Mysius impose d'emblée son univers et donne le ton à son premier long métrage : une plage bondée, des parasols, des enfants qui jouent, l'eau, le ciel bleu, le soleil et un grand chien noir qui avance en liberté jusqu'à Ava, endormie, il la fixe jusqu'à ce qu'elle se réveille, elle sursaute et l'animal disparait... Aussi douée pour restituer avec justesse la véracité des relations familiales que les incertitudes intrépides de l'adolescence, la réalisatrice, Léa Mysius (qui a aussi cosigné le scénario des "Fantômes d'Ismaël" d'Arnaud Desplechin) fascine avec un premier long atmosphérique et original, flirtant avec plusieurs genres. Une jeune cinéaste à suivre de très près et une jeune actrice Noée Abita (Ava) qui est une véritable révélation.


La petite histoire

Ava résulte du scénario de fin d'études de Léa Mysius, qu'elle a dû écrire très vite parce qu'elle était en retard pour le rendu. L'histoire du film est par ailleurs née d'une vision que la cinéaste avait d'un chien noir, famélique et étrange, qui traverse une plage bondée, pleine de chair, de cris et de crème solaire... Léa Mysius poursuit :
"L’image du chien noir était déjà présente dans un de mes courts-métrages, Les Oiseaux-tonnerre. J’avais envie avec ce scénario d’explorer plus loin. Le chien ici est une sorte de guide entre les gens, les lieux. Il fait la jonction entre l’artificiel et le sauvage, entre le réel et le fantasme. Il accompagne Ava dans ce voyage vers la sensualité et la sexualité. C’est lui qui la mènera vers Juan. La jeune fille, d’abord intéressée par le chien (d’aveugle) finira par s’intéresser au maître. Elle passe de l’enfance à l’âge adulte."

Même s'il y a beaucoup de choses relatives au vécu de Léa Mysius dans Ava, le film n’est pas autobiographique pour autant. "Les décors sont les lieux de mon enfance et les personnages et les situations sont inspirés de choses que je connais ou que j’ai lues, vues", précise-t-elle. Le personnage de Juan est quant à lui inspiré d'un garçon qu'elle a réellement connu, un jeune du collège qui se faisait rejeter violemment par les professeurs et les élèves parce qu’il était gitan.