Nothingwood

Nothingwood

2017

France / Afghanistan

1h25

de Sonia Kronlund.

avec Salim Shaheen.


Salim Shaheen est l'acteur-réalisateur-producteur le plus populaire et prolifique d’Afghanistan. Il a réalisé plus de cent films de série Z, tournés en général en quatre jours. Il fait jouer les membres de sa famille ainsi que des tas d’autres comédiens non professionnels tous plus excentriques et incontrôlables les uns que les autres. Elle connaît bien l’Afghanistan pour y avoir réalisé de nombreux documentaires pour la télévision et la radio. Pour « Nothingwood », la réalisatrice a filmé dans le seul endroit du pays où la situation est à peu près stable, à Bamiyan. Hormis la jeune actrice que l’on voit au début du film, Sonia Kronlund est la seule femme qui apparaît à l’écran, faisant ainsi ressortir dans le film l’absence des femmes afghanes (la cinéaste a été acceptée sans aucune difficulté par les hommes parce qu’elle, est étrangère, non-musulmane et réalisatrice). En suivant l’extravagant Salim Shaheen, La Française Sonia Kronlund, à travers ce portrait, livre le récit d’une vie passée à accomplir un rêve d’enfant. Mais elle nous donne aussi à voir une image réelle de l’Afghanistan, qui est en guerre depuis 40 ans. Elle dit à propos de son personnage : « Son cinéma donne une image et une existence à des gens qui n’en ont pas. C’est ce qui me touche chez lui. »


La petite histoire

 Au centre du film de Sonia Kronlund se trouve le cinéaste Salim Shaheen, sorte d'"Ed Wood" afghan qui a réalisé plus de cent films, tournés en général en quatre jours. Cet homme connu en Afghanistan est aussi producteur, acteur, et fait jouer les membres de sa famille ainsi que des tas d'autres personnes (qui ne sont pas des comédiens professionnels) dans ses films. Kronlund explique :
"C’est un bonimenteur incroyable qui garde en lui quelque chose de profondément enfantin, ce rêve de faire des films avec ses copains. Lui et son équipe sont comme des gosses dans la cour de récréation qui jouent au cinéma. La magie du cinéma les sauve d’un quotidien peu réjouissant. Shaheen est un homme assez complexe mais sa part d’enfance me semblait universelle. Au début, c’est cette part d’enfance qui m’a attirée, cette naïveté et puis j’ai découvert bien d’autres aspects surprenants."

"J’aime l’idée que Shaheen tourne des films sans arrêt, comme un besoin vital, avec une énergie de forcené, et une croyance inébranlable dans ce qu’il fait. Au-delà de la qualité de ses films, les Afghans aiment son cinéma car il leur donne un visage et une voix qui n’existent nulle part ailleurs. Il les représente. Dans les films de Shaheen, les gens du peuple sont des héros. Les pauvres réussissent à vaincre les riches. Les faibles sortent vainqueurs. Les puissants sont punis. Ses histoires racontent les tracas des petites gens et vous trouverez parmi ses personnages des muletiers, des paysans, des petits commerçants. Shaheen fait aussi jouer des policiers et des soldats qui interprètent leur propre rôle et sont fiers d’être dans un film. Son cinéma donne une image et une existence à des gens qui n’en ont pas. C’est ce qui me touche chez lui."