Free Fire

Free Fire

2016

Grande-Bretagne / France

1h30

de Ben Wheatley.

avec Brie Larson (Justine), Cillian Murphy (Chris), Armie Hammer (Ord), Sharlto Copley (Vernon), Sam Riley (Stevo), Jack Reynor (Harry), Babou Ceesay (Martin), Michael Smiley (Frank)...


Une vente d'armes dans un entrepôt abandonné. D'un côté, le vendeur, petit malfrat gominé, engoncé dans un costume criard, entouré de ses hommes de main et d'un intermédiaire. De l'autre, l'acheteur, combattant de l'IRA, limite braqueur, et ses deux acolytes tendances bras cassés. Pas de bol, les petites mains des deux camps ont des mots, un léger différent, une altercation mal cicatrisée, et une arrogance naturelle malvenue qui va rapidement envenimer la situation. Le très prolifique cinéaste britannique Ben Wheatley revient avec un exercice de style savoureux et électrisant, seulement un an après « High Rise ». « Free Fire » est une célébration du cinéma, une déclaration d’amour aux séries B. Totalement déjanté, ce huis clos testosterroné est aussi risible que profondément jouissif. Du style des protagonistes (costumes "pattes d’eph" et moustache seventies) à leurs répliques barrées, Ben Wheatley ose la démesure offrant une violence abrupte lorsque cela est nécessaire. Avec ses rebondissements et son rythme effréné, le film ne se répète jamais, maintenant un suspense haletant jusqu’au bout. Un pur divertissement, total et radical.


La petite histoire

Atout inattendu pour le film, le mythique Martin Scorsese en est l’un des producteurs exécutifs avec son associée Emma Tillinger Koskoff. Ben Wheatley confie : "C’est tout bonnement extraordinaire. Quand Martin Scorsese tournait Hugo Cabret, il s’est intéressé à plusieurs films britanniques, dont Kill List. Nos agents respectifs sont entrés en contact, et j’ai pu aller le voir à New York. Il est exactement tel qu’on se l’imagine : une boule d’énergie, une culture cinématographique époustouflante, un dieu du cinéma et le plus grand cinéaste vivant. Lorsque le projet de Free Fire a vu le jour, on lui a envoyé le scénario. Il a aimé, il a souhaité participer. Il nous a offert ses précieux conseils d’un bout à l’autre. Et tout ce que je peux dire, c’est qu’il avait toujours raison !"

Le réalisateur Ben Wheatley revient sur ses influences pour Free Fire :
"Pour moi, le cinéma d’action, c’est le cinéma à l’état pur. En faisant Free Fire, je voulais quelque chose de dynamique, de cinétique, qui joue à fond sur tout ce que j’aime dans un film, en particulier le montage. C’est assez évident, je crois, dans Kill List et dans les épisodes de Doctor Who que j’ai réalisés. J’ai grandi en admirant les films de Sam Peckinpah et je me souviens d’avoir été frappé en particulier par le montage de La Horde SauvageApportez-moi la tête d'Alfredo Garcia et Pat Garrett et Billy le Kid. C’était tout simplement incroyable."

Durant son travail de recherches pour Free Fire, Ben Wheatley a lu énormément de récits de fusillades. En particulier celle restée célèbre dans les annales du FBI qui avait impliqué des agents et des pilleurs de banque à Miami en 1986. Les rapports relataient ce qui s’était passé au coup par coup – c’est le cas de le dire –, qui avait tiré quelle balle, sur qui et quand, les blessures :
"Ce qui ressortait, c’était l’impression de chaos et d’horreur. Ces types étaient surentraînés et il semblait que personne n’était arrivé à tirer droit... C’est complètement fou de lire ça et ce témoignage m’a hanté pendant longtemps, au point que j’ai eu envie d’en faire un film. Quand vous étudiez les transcriptions des témoignages et les rapports balistiques, vous comprenez qu’on ne meurt pas forcément tout de suite quand on a été touché ailleurs que dans les organes vitaux. Un autre point important, c’est que dans le cadre d’échanges de coups de feu, la plupart des tireurs ne sont pas très bien entraînés. Je me suis intéressé à ce que cela donne dans la réalité – tout en restant bien sûr dans un cadre divertissant", explique le cinéaste.