Ce qui nous lie

2017

France

1h53

de Cédric Klapisch.

avec Pio Marmai (Jean), Ana Girardot (Juliette), François Civil (Jérémie), Jean-Marc Roulot (Marcel), María Valverde (Alicia), Karidja Touré (Lina), Florence Pernel (Chantal), Jean-Marie Winling (Anselme)...


Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa soeur, Juliette, et son frère, Jérémie. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent. Au cœur du nouveau film de Cédric Klapisch ("Le Péril jeune", "L’Auberge espagnole"etc.), l’image d’un pied de vigne noueux semble nous dire l’ambition de son projet : faire à la fois un film de fiction sur la culture du raisin, sur l’exploitation viticole, mais surtout comme il le fait depuis ses premiers films, il nous entraîne au cœur des liens que la vie tisse entre les gens, ces liens solides et pérennes qui attachent et enracinent même ceux que le vent emporte ailleurs. Le réalisateur trouve ici des extérieurs magnifiques et une ampleur surprenante. Il est question de racines, de terroir, d’identité, de choix de vie, d’héritage et surtout d’amour, qu’il soit familial, fraternel, paternel ou conjugal. Et Klapisch, entouré de comédiens irréprochables, nous raconte cela avec brio.


La petite histoire

Cédric Klapisch a failli faire ce film en 2010, donc avant son précédent long métrage Casse-Tête chinois sorti en 2013. Pensant qu'il y avait quelque chose à faire sur le milieu du vin, il a contacté en 2010 des vignerons qu'il connaissait pour mieux cerner cet univers. Le viticulteur et acteur Jean-Marc Roulot a alors accepté que le cinéaste vienne faire des photos pendant ses vendanges. Klapisch se rappelle : 

"À la suite de ça, je me suis dit qu’il fallait que j’observe précisément le changement des paysages en liaison avec le passage des saisons. Pendant les six mois qui ont suivi, j’ai fait des allers et retours en Bourgogne, pour trouver un arbre. L’arbre idéal pour pouvoir raconter le passage du temps et le cycle des saisons. J’ai rencontré un photographe qui connaissait bien le vignoble bourguignon, Michel Baudoin. C’est lui qui m’a aidé dans mes recherches. Finalement on s’est mis d’accord sur deux cerisiers : l’un à Meursault et l’autre à Pommard. Après il a fallu trouver le bon cadrage, le bon objectif, la bonne heure pour les photographier. Michel a accepté de se prêter au jeu et pendant un an il a été photographier chaque semaine ces deux arbres (à chaque fois à la même heure)… Chaque fois, il prenait une photo et il enregistrait un film d’une minute. Il a donc fait 52 photos/plans de ces deux arbres au milieu des vignes. Sans savoir exactement quoi, je sentais en regardant ces photos, qu’il y avait une matière à faire un film." 

Cédric Klapisch assimile le vin à son père qui lui a transmis cette passion. C'est pour cette raison qu'il nourrit depuis longtemps l'idée de faire un film sur ce sujet. Le réalisateur explique : "J’ai connu le vin par mon père – qui ne boit pratiquement que du Bourgogne. Quand j’ai commencé à boire (vers 17-18 ans) il me faisait goûter ses vins… C’est grâce à lui que j’ai eu cet apprentissage. Jusqu’à il y a peu de temps il nous emmenait en Bourgogne mes soeurs et moi faire des dégustations dans des caves. C’était une sorte de rituel, une fois tous les deux ans à peu près… (...) Je sentais intuitivement que si je voulais faire un film sur le vin c’était parce que j’avais envie de parler de la famille. Ce que l’on hérite de ses parents, ce que l’on transmet à ses enfants."

Avec Ce qui nous lieCédric Klapisch a posé sa caméra pour la première fois dans la nature, loin des rues de Paris, Londres, Saint-Pétersbourg, Barcelone ou New York. "J’ai ressenti la nécessité de filmer quelque chose que je n’avais jamais filmé auparavant. Ce besoin de nature a été plus fort que moi. Je ne sais pas si c’est lié à mon âge mais je pense que ça s’accompagne aussi d’un tournant sociologique que je ressens aujourd’hui. Le rapport des gens des villes à l’agriculture ou à la nourriture est en train de changer. Ce n’est pas juste un phénomène de mode. Les gens des villes ont beaucoup plus besoin d’atténuer les frontières entre le monde urbain et la campagne", confie le metteur en scène.




 

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