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Nos batailles

2018

France / Belgique

1h38

de Guillaume Senez.

avec Romain Duris (Olivier Vallet), Basile Grunberger (Elliot Vallet), Lena Girard Voss (Rose Vallet), Lucie Debay (Laura Vallet), Laure Calamy (Claire), Dominique Valadié (Joëlle), Laetitia Dosch (Betty), Sarah Le Picard (Agathe), Kris Cuppens (Jan), Cédric Vieira (Paul)...


"Sa femme a quitté le foyer, un collègue s’est suicidé. Pour ses enfants, il doit rester debout. L’un des plus beaux rôles de Romain Duris.

Elle est partie. Comme ça, sans prévenir. Elle n’est pas allée chercher les enfants à l’école, elle a pris ses affaires et n’a rien laissé, pas un mot, pas une lettre, juste du vide et des questions. Olivier, son mari, n’a rien vu venir, débordé par son boulot de contremaître, plus préoccupé par le mal-être de son équipe et les pressions de ses supérieurs que par le spleen de sa femme. Ce beau film sensible et vibrant, sélectionné à la Semaine de la critique du dernier Festival de Cannes, s’ouvre, d’ailleurs, sur le cas d’un des col­lègues d’Olivier, jugé trop vieux, trop faible, plus assez performant. L’en­treprise n’a pas le temps de le licencier : l’homme se suicide avant. Ce drame inaugural, comme une blessure ouverte d’emblée, donne le ton du film : un équilibre fragile, mais digne­ment tenu, entre les grandes douleurs et la grisaille quotidienne, entre la chaleur des liens affectifs et les froides ­rigueurs des vies ordinai­res, tout un maillage de contraires et de con­traintes, d’injustices, de colè­res, de tendresses et d’usure.

Ce suicide, autour duquel tous se rassemblent et tentent de se soutenir, a-t-il joué un rôle dans le départ de la femme d’Olivier ? Partir, pour ne pas se laisser dévorer par le murmure ­insistant de la dépression, était peut-être le seul choix possible. Guillaume Senez (dont on avait aimé le premier film, Keeper, en 2015) laisse l’explication en suspens, et se contente de quelques scènes sobres, douces ou dures, avec la jeune femme, au début du récit : la lecture d’un conte naïvement optimiste à ses deux enfants, une solitaire crise de larmes, entre les murs de sa salle de bains, ou encore un évanouissement brutal, dans la boutique où elle travaille. Quelques indices et puis s’en va, en nous laissant seuls avec Olivier et sa progéniture, dont il ne sait trop quoi faire, au début, comme une version contemporaine du Dustin Hoffman de Kramer contre Kramer. Olivier, c’est Romain Duris, dans l’un de ses plus beaux rôles à ce jour. Il habite avec ferveur ce héros faillible, pivot essentiel, profondément vrai et attachant, au croisement de l’intime et du social. Rares sont, aujourd’hui, les œuvres qui ­mêlent si bien les réalités, celles du dedans et du dehors, la chronique d’une famille ébranlée et le tableau des solidarités et des tensions au sein d’une entreprise, qui compte, ici, bien plus qu’un décor. Nos batailles est un film subtil et fort sur le monde du travail, ses flux d’énergie quotidienne, ses cahots, mais aussi les violences sournoises du management moderne.

D’un bout à l’autre tout sonne juste : l’affection électrique entre Olivier et sa sœur, comédienne (Lætitia Dosch, lumineuse), la détresse rêveuse des deux bambins, l’autre fratrie du récit… Tour à tour, chacun à sa manière, ces personnages attachants chancellent, tombent et se relèvent, pour appren­dre à livrer, ensemble, toutes leurs ­batailles.​​​​​" Télérama




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