A genoux les gars

2018

France

1h38

d'Antoine Desrosières.

avec Souad Arsane (Yasmina), Inas Chanti (Rim), Sidi Mejai (Salim), Mehdi Dahmane (Majid), Elis Gardiole (Boubou), Loubna Abidar (La mère), Baya Kasmi (La tante), Farid Kadri (Le père), Younès Moktari (Le frère)...


En l’absence de sa soeur Rim, que faisait Yasmina dans un parking avec Salim et Majid, leurs petits copains ? Si Rim ne sait rien, c’est parce que Yasmina fait tout pour qu’elle ne l’apprenne pas. Quoi donc ? L’inavouable… le pire… la honte XXL, le tout immortalisé par Salim dans une vidéo potentiellement très volatile. Un traquenard qui incitera Yasmina à se jeter à l’eau, à découvrir le pouvoir de la libération de la parole, de sa propre liberté de choix et la force du féminisme… Ce troisième long métrage d’Antoine Desrosières (A la belle étoile, Banqueroute), filmé en dix-huit jours, après quatre mois de répétitions, a été co-écrit par ses deux interprètes féminines, Souad Arsane et Inas Chanti, remarquables en petites meufs à la fois asservies et rebelles, au débit de mitraillettes. Le film réussit la gageure de faire passer son sujet épineux sur le ton de la comédie. Souvent drôle, c’est aussi un portrait très bien senti de la jeunesse des classes populaires françaises actuelles. Antoine Desrosières nous livre une comédie radicale sur la violence sexuelle des hommes à l’encontre des femmes. À genoux les gars est une véritable curiosité socio-cinématographique qui ne s’embarrasse pas de convenances et qui met les pieds dans le plat dans un débat femmes/hommes en pleine ébullition.


La petite histoire

 Même s'il aborde un sujet délicat, Antoine Desrosières a choisi la comédie plutôt que le drame. Le metteur en scène pense en effet que par la comédie, un public pouvant se reconnaître dans le reflet négatif montré par le film peut rire de lui-même. "Sans relativiser la dureté des faits, le rire ouvre une brèche dans le cerveau, cela le rend plus perméable à ce qu’on veut raconter", précise-t-il. 

À genoux les gars possède la particularité suivante : les acteurs du film en sont devenus eux-mêmes les co-auteurs. Ainsi, avant le tournage, Antoine Desrosières a fait quatre mois de répétitions pendant lesquelles il a développé le scénario avec eux. "Deux mois durant lesquels on passe en revue toutes les situations du film en demandant aux acteurs de les développer en improvisations filmées, puis deux mois durant lesquelles les acteurs répètent sur les scènes qui ont été réécrites par Anne-Sophie Nanki et moi à partir de ces improvisations. C’est un travail nécessaire au dépassement du cliché. Car le but de ces quatre mois d’exercice est de faire exploser le stéréotype en permanence."