Notes de production

La technique que la "peinture animée"

Tous les personnages de LA PASSION VAN GOGH sont campés par d’authentiques comédiens qui ont joué dans des décors spécialement construits pour évoquer des toiles du peintre ou sur des fonds verts. Dans ce dernier cas, des tableaux de Van Gogh y ont ensuite été incrustés par compositing, puis animés en infographie. Le tournage en prises de vues réelles s’est déroulé aux Three Mills Studios de Londres et au studio CETA de Wroclaw sous la supervision des chefs-opérateurs Lukasz Zal (cité à l’Oscar pour IDA) et Tristan Oliver (MR. FOX, CHICKEN RUN). Les images ainsi tournées ont ensuite servi de base de travail aux peintres-animateurs.  

Si la peinture immortalise un instant bien particulier sur la toile, le cinéma se définit par la fluidité d’un mouvement qui se déploie dans le temps. Par conséquent, en amont du tournage, l’équipe de peintres-animateurs a consacré une année à réinventer l’œuvre picturale de Van Gogh sous une forme cinématographique. On retrouve ainsi dans le film 94 toiles du maître presque à l’identique et 31 autres reproduites en grande partie ou partiellement. 

Les tableaux de Van Gogh sont de tailles et de formats divers, si bien que les peintres-animateurs ont dû trouver le moyen de les adapter au cadre imposé par le cinéma. Il a donc fallu tricher avec le gabarit des tableaux tout en conservant l’atmosphère et l’émotion qui s’en dégagent. Par ailleurs, il arrivait qu’un personnage d’un tableau se retrouve projeté dans une toile d’un style différent. Enfin, pour des raisons d’ordre dramaturgique, il fallait parfois transformer une toile représentant une scène de jour en une scène de nuit, ou encore un tableau peint en automne ou en hiver en une œuvre estivale – saison à laquelle se déroule le film. 

Les animateurs ont fait en sorte que les comédiens gardent leurs mimiques et leurs expressions tout en étant reconnaissables sous les traits de leurs personnages picturaux. 377 tableaux ont été peints pendant la phase de préparation. 

Les peintres-animateurs ont ensuite peint directement sur les rushes en s’appuyant sur le style défini au départ – traits de pinceau, couleurs, textures. Ils ont ainsi peint le premier plan sur une toile de 67 sur 49 cm, puis, pour les parties du plan censées être animées, peint de nouveau le même plan en respectant les codes stylistiques, etc. Au bout du compte, ils se sont retrouvés avec un tableau du dernier plan, sachant que chaque plan peint différemment a été photographié avec un appareil photo numérique Canon D20 de résolution 6K. 

Au total, les 1009 prises de vues du film se composent de 62 450 plans. Autrement dit, on découvrira 1009 «tableaux» constitués du dernier plan de chaque prise de vue. 

Les peintres-animateurs ont planché sur des stations de travail de «peinture-animation» (PAWS), conçues par BreakThru Films, pendant les deux ans qu’aura duré le développement du projet. Ce dispositif permet au peintre de fixer son attention sur la peinture et l’animation, sans se préoccuper de l’éclairage et des questions techniques, et assure une cohérence parmi l’ensemble des photos prises sur 85 PAWS, réparties dans 3 studios et 2 pays. Chaque seconde du film est composée de 12 photos hauterésolution. Une fois que la totalité des photos ont été prises, il ne reste que quelques ajustements de luminosité à apporter – en fonction des variations de température des ampoules électriques se produisant pendant l’animation – et des corrections chromatiques à faire pour équilibrer les couleurs d’une prise de vue à l’autre. Le spectateur découvrira donc 62 450 photos haute-résolution d’authentiques peintures à l’huile. 

(Dossier de presse)